BEYROUTH (AFP) - Dix-sept personnes, dont onze militaires de l'armée libanaise, ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur les manifestations violentes qui ont fait sept morts et plusieurs dizaines de blessés le 27 janvier à Beyrouth, a annoncé le bureau du procureur militaire.
"A la suite des évènements qui ont eu lieu le 27 janvier dans le secteur de Mar Michael-Chiyah et qui ont fait sept tués parmi les civils et plusieurs blessés, dont des soldats, la police militaire a ordonné les arrestations de trois officiers, deux sous-officiers et six soldats, ainsi que six civils", a indiqué un communiqué.
Selon le texte, "certains des civils ont été arrêtés pour atteinte à l'ordre public et d'autres pour port d'armes illégal".
Le texte précise par ailleurs que 29 civils, dont cinq mineurs, qui avaient été appréhendés après les manifestations, ont été libérés. Les responsables de l'enquête ordonnée par le commandement de l'armée vérifient "les identités de trois civils en détention qui sont soupçonnés d'inciter aux troubles".
Au total, les témoignages de 85 civils et 120 militaires ont été recueillis, selon le communiqué, qui ajoute qu'ont été "examinées les armes saisies lors des manifestations pour savoir si elles avaient été utilisées ou non".
Sept personnes avaient été tuées par balles le 27 janvier dans des manifestations qui avaient dégénéré dans la banlieue sud chiite de Beyrouth. Ces rassemblements visaient à protester contre les coupures de courant.
Toutes les personnes tuées lors de ces violences étaient des chiites, issus pour certains des partis Hezbollah et Amal, piliers de l'opposition libanaise, soutenue par Damas et Téhéran, qui a demandé une enquête rapide.
Le Liban est plongé dans une grave crise politique sur le partage du pouvoir entre l'opposition et la majorité et se trouve sans président depuis le 24 novembre. La majorité antisyrienne accuse l'opposition de recourir à la rue à des fins politiques, mais celle-ci dément.
Le Hezbollah a exhorté l'armée à identifier au plus vite les meurtriers, affirmant que c'était là le seul moyen de contenir la colère de la population. D'autres figures de l'opposition ont directement attribué à l'armée la responsabilité des fusillades.
Le chef de l'armée, Michel Sleimane, qui est en outre le candidat de consensus pour l'élection présidentielle, a promis une enquête transparente lorsqu'il a rendu visite au chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et au responsable d'Amal Nabih Berri.
Certains experts estiment que les émeutes ont tendu les relations entre MM. Nasrallah et Sleimane et compromis les chances de ce dernier de se faire élire à la présidence.
Après les émeutes de Beyrouth, la presse a dit craindre que ces manifestations sanglantes ne soient le prélude à une nouvelle guerre civile. Le conflit interne de 1975-1990 avait commencé dans ces mêmes quartiers d'Aïn el-Remmaneh et Chiyah.

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